Par amour de la terre… Par amour de nos enfants…

A l’heure où tout va vite, nous allons à l’essentiel vital… le boulot, les enfants, les courses… Bref, c’est la course !

Prenons le temps ici, et posons-nous les bonnes questions ensemble !

Nous considérons l’essentiel vital aujourd’hui d’une certaine manière mais je me demande souvent :

Comment aurait considéré ma grand-mère notre essentiel  ?? Son essentiel à elle… il se composait de quoi ?

J’ai une vague idée de la réponse ! J’ai la chance d’avoir en ma possession ses livres d’école, datant de 1940 « L’école ambulante ménagère et agricole de la Haute-Savoie ». Ses livres, tous manuscrits, nous parlent des priorités de la ferme à l’époque, du devoir des femmes et des hommes mais aussi de la santé de la famille et des animaux.

Ses livres nous plongent dans une autre dimension, une dimension que notre génération a du mal à imaginer et que nos enfants ne comprendront pour la plupart jamais. Je les garde précieusement depuis des années ; je pense les partager un peu ici de temps à autres mais ce n’est pas le propos aujourd’hui.

Nos grands-parents ont connu des temps rudes et pourtant, ils ont su inculquer à leurs enfants et à nous même des valeurs fortes. La valeur du travail, le respect des autres, l’attachement à une vie saine, l’importance de la culture des terres (j’en passe) mais surtout, ils nous ont appris à aimer la terre et à la respecter. Cette terre qui nous nourrit tous, nous lui devons notre salut.

Aujourd’hui, je suis maman et il est de mon devoir de transmettre au mieux ces valeurs… Pas facile me direz-vous ? Tout se bouscule, tout va trop vite, le monde change et les enfants aussi. Je ne peux pas nager à contre courant mais je dois respecter ce devoir pour que les valeurs agricoles perdurent avec eux.

La pause s’impose, nous devons comprendre….!

Il y a une famille qui attire mon respect dans notre entourage. Les enfants ont été responsabilisé dès le plus jeune âge aux « corvées » avec pour mission la gestion de petits clapiers et d’un poulailler !

C’est magnifique… Quand je vois ça, je me dis que les consoles n’ont pas encore tout pris, que nous avons encore une chance à saisir.

J’y crois !!!!! C’est encore possible !

Je me replonge en enfance, nous n’avions ni console ni tablette, et pourtant nous trouvions un plaisir fou à nous occuper de nos bêtes ou bien négocier avec le tonton pour qu’il donne à boire aux veaux le temps pour nous de sauter dans le foin.

Tout le monde étais au courant que nous avions esquivé la corvée… alors que nous, nous pensions avoir été les plus malins.

Les adultes nous faisaient marcher sur la tête, notre naïveté d’enfant nous allégeait la tâche. La vie étais légère malgré le boulot qui nous attendait à l’angle des grandes vacances !

Je me revois assise sur le tabouret de traite à ressort, faire des allers retours dans l’écurie en me prenant pour tigrou ! Je me souviens regarder des heures durant mon père, traire, fabriquer, donner à manger aux bêtes, être toujours en mouvement et toujours (ou presque) de bonne humeur, prêt à me faire rire. Les odeurs aussi sont restés ! Le fumier, l’écurie, le foin, le chaudron de lait qui chauffe.. Quel bonheur d’y repenser !

Je me dois d’aller dans ce sens, ne pas louper le virage et faire de mon mieux… Notre fils à 4 ans et demi, nous travaillerons pour qu’il n’oublie pas… Ma grand-mère nous disait toujours (c’est resté gravé en moi comme dans le marbre)

« Va où tu veux, mais n’oublie jamais d’où tu viens… »

Je viens d’un milieu agricole, où il fait bon vivre… Je viens d’un monde où la simplicité règne, où les paroles comptent et où le travail est capital. Dans mon monde, on chante « Petit Jean-Jean » à tu-tête, on mets les bottes à 23h00 du soir pour aller chercher les vaches qui se sont sauvés… (on râle un peu) et au final, on adore ça… Dans mon monde, on se balade dans les champs, on admire les vaches, on travail dure et on est fière. Dans ce monde là, on gagne sa croûte, on casse la croûte, on bois la gnôle… On aime la vie, on aime les gens, on aime les montagnes… on aime tellement tous ça qu’on ne pourrait jamais aller ailleurs, et encore moins oublier ! Mission réussit pour la mémé Rosa…

C’est ce monde là que mon fils devra connaitre, libre à lui de le quitter si il le souhaite, mais c’est ce monde là qui lui apportera des bases saines…. Il pourra aller où il souhaite ensuite, pourvu qu’il n’oublie pas…

Toute la famille va s’y coller… parce que cette carte est importante pour nous tous, alors que nous n’en avons jamais réellement parlé…

 

2 Replies to “Par amour de la terre… Par amour de nos enfants…

  1. Je suis tellement d’accord avec tout ça!
    Nous-mêmes nous essayons au maximum de consommer différemment, je fais quasiment tout maison mais c’est parfois difficile car comme tu le dis, on ne peut pas nager à contre courant! Mais tout est une question de valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants… je pousse mon entourage à en faire de même… parfois mal compris on passe pour des extras-terrestres… mais nous connaissons le vrai goût des choses, là est toute la différence!

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